VOITURES HYBRIDES : STELLANTIS BOOSTE SON OFFRE AVEC SIX NOUVEAUX MODèLES D'ICI 2026

Stellantis accélère sur les hybrides, ces voitures combinant motorisation thermique et électrique qui ne se branchent pas sur une borne. Le groupe a indiqué ce mardi qu'il en comptera 30 modèles à la vente en 2024 - dont le nouveau C3 Aircross ,- avant d'en lancer six nouveaux d'ici 2026. Stellantis « complète l'offre d'électriques pour les gens qui ne voudraient pas se lancer directement en 100% électrique », a expliqué Christian Müller, chargé des chaînes de traction pour la zone Europe-Moyen-Orient-Afrique.

Le groupe peut produire jusqu'à 1,2 million de moteurs hybrides "eDCT" par an dans ses usines de Metz, dans l'est de la France, et de Turin, en Italie, pour 1,9 million de voitures vendues au total en 2023. Et 70% de ces sites sont équipés pour produire les véhicules quelle que soit leur énergie, le patron du groupe, Carlos Tavares, prônant une forte flexibilité pour s'adapter à la demande.

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Les hybrides ont la cote

S'adapter au marché, c'est d'ailleurs ce que fait Stellantis avec cette annonce. Ses ventes d'hybrides ont augmenté de 41% sur les cinq premiers mois de l'année 2024 par rapport à la même période en 2023, selon ses chiffres.

Plus globalement, les ventes de véhicules hybrides augmentent chez de nombreux constructeurs. Sur le marché français, au premier semestre, elles ont grimpé de 25%, atteignant 38,7% de part de marché, selon des chiffres publiés la semaine dernière par AAAData. Et en Europe, les voitures hybrides ont été la seule catégorie à progresser au mois de mai (+16,2% sur un an) - tandis que les électriques et les autres motorisations ont reculé, d'après les chiffres des constructeurs - leur part de marché atteignant presque 30%, portées par les marchés français et espagnol.

Les hybrides sont plébiscitées, car moins chères qu'un véhicule électrique. Elles sont aussi moins contraignantes, puisqu'elles n'ont pas de limite sur leur autonomie. Et, grâce à leur petite batterie de 0,9 kWH qui permet de rouler jusqu'à un kilomètre sans allumer le moteur thermique, la consommation moyenne et les émissions s'affichent jusqu'à 20% inférieures à celles d'un moteur classique, selon Stellantis. Les hybrides devraient ainsi remplacer « une grande partie » des voitures à essence et diesel dans les ventes, malgré leur prix supérieur de 2.000 euros en moyenne, selon Christian Müller.

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Cap toujours sur l'électrique

Cela ne veut pas pour autant dire que Stellantis renonce à ses objectifs d'électrification. Il vise en effet toujours des ventes 100% électriques en Europe en 2030, a assuré Christian Müller. Mais force est de constater que ces véhicules s'écoulent moins ces derniers mois. La stagnation s'est confirmée en mai sur le marché européen, avec un recul de 12% sur un an. Leur part de marché est restée bloquée à 12,5%, alors qu'elle a atteint 14,6% sur toute l'année 2023.

Pour tenter de remettre de l'huile dans le moteur des ventes, conscient que le prix est l'un des principaux freins, les constructeurs travaillent à rendre cette technologie plus abordable. Ainsi, de nombreux modèles de voitures électriques à moins de 25.000 euros doivent arriver sur le marché dans les prochains mois. Avec d'éventuels bonus à l'achat et primes à la casse, ces véhicules passent sous la barre des 20.000 euros, ou à partir de 99 euros par mois en location longue durée.

« On va faire prendre le réflexe électrique à des gens qui n'y pensaient pas », a affirmé Thierry Koskas, le patron de Citroën, marque du groupe Stellantis, lors de la présentation en mai de sa C3, proposée à partir de 23.300 euros.

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Pour atteindre ces tarifs tout en restant rentables, les constructeurs profitent de la baisse du prix des batteries. Elles utilisent de plus en plus la technologie LFP (lithium, fer et phosphate), alternative moins chère, plus durable mais moins puissante aux batteries NMC (nickel-manganèse-cobalt), les plus répandues. Elles offrent des autonomies encore limitées, autour de 300 kilomètres, mais meilleures que celles des premières électriques bas de gamme, comme la Dacia Spring.

Par ailleurs, Citroën, Dacia ou Fiat « basent tous leurs véhicules sur des plateformes (châssis) développées pour les marchés émergents comme l'Inde et l'Amérique latine, conçus de façon plus économique, avec des composants et matières premières moins chers », indique Felipe Muñoz, analyste pour le cabinet Jato Dynamics.

« Il y a beaucoup moins de pièces » et « la gamme est simple », résume Thierry Koskas. Par ailleurs, ces modèles économiques sont fabriqués en Europe de l'est, comme leurs équivalents à essence.

Outre leur prix plus bas à l'achat, c'est aussi à l'usage que ces véhicules se révèlent plus économiques. En les chargeant à son domicile, le coût d'un kilomètre s'avère en effet bien moins élevé qu'avec une voiture essence.

(Avec AFP)

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